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Il y a quarante ans, l’AST tenait le haut du panier en Nationale 1

En 1976-1977, l’Alliance sportive Tarare (AST) a participé à l’unique saison de son histoire parmi l’élite du basket français. Quarante ans plus tard, l’aventure est restée gravée dans la légende du sport local. Par Yoann Terrasse - 31 juil. 2016 à 05:00 | mis à jour le 08 déc. 2021 à 17:56

Nous sommes le 18 septembre 1976. C’est le grand soir. L’heure des braves. L’Alliance sportive Tarare dispute le tout premier match de sa riche histoire en Nationale 1. Au cœur de l’élite du basket français, face à Tours, le champion en titre. « C’était une forme d’apothéose et de consécration d’atteindre un tel niveau », se souvient le président de l’époque, Jean Pierrefeu, qui met en exergue le travail fourni depuis les années 1960 par les Blanchard, Dao ou Monclar. La saison d’avant, portée par Castellier, l’AST avait décroché son précieux sésame pour la N1, après des matchs épiques face à Mulhouse, Monaco et Montbrison.

Tarare gravite au milieu des étoiles du basket français. Bienvenue dans un autre monde. Celui des Limoges, Asvel, Orthez… Des fleurons de l’économie locale comme Biolay et Taraflex mettent la main à la poche. « On avait un million de francs de budget », glisse l’ancien président. Mais l’entame de championnat s’avère délicate. Le “petit poucet” s’incline 108 à 98 contre Tours. « Sur toute la saison, on a perdu 18 matchs de moins de dix points », regrette Jean Pierrefeu.

3 200 spectateurs « en fusion » à Robert-Magat

Le meneur de jeu, Gérard Chat, 20 ans à l’époque, se souvient, lui aussi, d’un « début de championnat compliqué » : « Si on avait affronté des équipes plus faibles, la saison aurait pu être différente. Notre apprentissage de la N1 a été dur. » Lors du second match, c’est, en effet, l’Asvel d’Alain Gilles, future championne, qui déboule dans une salle Robert-Magat incandescente. « 3 200 personnes en fusion ! », décrit Jean Pierrefeu. Le record d’affluence n’a jamais été égalé. « L’ambiance était extraordinaire. On se sentait poussé par le public », témoigne Gérard Chat. « En ville, tout le monde ne parlait que de notre équipe. L’engouement était impressionnant », souligne à son tour John Dearman. Un soutien populaire qui ne suffira pas : l’AST, qui s’appuie sur un jeu très rapide, perd ce second match de la saison 88 à 95. « On n’a pas été ridicules. Au match retour contre Villeurbanne, on s’incline de trois petits points. Mais on manquait vraiment d’expérience », estime le meneur de jeu. Les Américains, Dearman et Brosterhous, multiplient pourtant les miracles avec des matchs remarquables. « Nous étions limités financièrement et c’était déjà exceptionnel d’être à ce niveau pour une petite ville comme Tarare », rappelle John Dearman. En Nationale 1, l’AST, avant-dernière, remportera finalement quatre matchs, avant de redescendre. « C’est un regret de ne pas avoir accroché le maintien, car on a fait de bons matchs », confie l’Américain. « Le niveau était très élevé, mais on se battait. On a tout donné. Ce fut une expérience fantastique », insiste son compère “BG” Brosterhous.

Depuis, l’AST, qui évoluera cette saison en N3, n’a plus jamais côtoyé l’élite. En 1976-1977, une page de la légende du sport tararien a été écrite. Quarante ans plus tard, elle reste inoubliable.